US Open 2026 : Wyndham Clark prend le large, Scheffler refuse de lâcher son rêve de Grand Chelem

US Open 2026 : Wyndham Clark prend le large, Scheffler refuse de lâcher son rêve de Grand Chelem

Six coups d’avance. À quelques heures du dénouement, c’est le chiffre qui résume à lui seul le troisième tour du 126e US Open, disputé samedi à Shinnecock Hills. Wyndham Clark, leader depuis le coup d’envoi jeudi, a rendu une carte de 70 (par) dans des conditions de vent soutenu, portant son total à 7 sous le par. Personne n’a réussi à s’approcher à moins d’un coup de lui depuis plus de 25 trous. Le parcours de Southampton, dans l’État de New York, a fait des ravages samedi : seuls deux joueurs ont terminé leur tour sous le par.

Clark, intouchable malgré quelques égratignures

Sur le papier, la journée aurait pu mal tourner pour l’Américain de 33 ans. Quatre trous délicats en sortie, un bogey au 15, un coup de départ envoyé loin à gauche au par-3 17… Rien n’y a fait. Clark a sauvé son par depuis plus de 15 mètres à plusieurs reprises, un exercice qui a fini par forcer le respect de l’ensemble du peloton. Le tournant du tour s’est joué au 16, un par 5 de 552 mètres : approche à 275 yards posée à un peu plus d’un mètre du drapeau, aigle converti, et lead porté à sept coups avant un dernier passage plus poussif.

« C’est pour ça qu’on s’entraîne et qu’on joue, pour avoir l’occasion de gagner des tournois, et c’est ce que sera demain », a confié Clark à l’issue de son tour. Il vise un second titre majeur en quatre ans, après son sacre à Los Angeles Country Club en 2023.

Trois éditions seulement de l’US Open à Shinnecock Hills ont vu un joueur terminer sous le par, et jamais en dessous de 4 sous. Clark évolue donc déjà en territoire historique, avec encore 18 trous à boucler dimanche.

Scheffler recolle, sans inquiéter

Derrière, Scottie Scheffler a fait ce qu’on attendait de lui sans jamais menacer sérieusement la tête. Parti à égal du par après un début catastrophique vendredi (bogey-bogey sur ses deux premiers trous samedi), le numéro 1 mondial a rendu un 69 (1 sous le par), l’un des deux seuls tours sous la normale de la journée avec celui d’Emiliano Grillo. Un putt de moins d’un mètre manqué au 18 pour le birdie l’a privé d’un tour encore meilleur. Il pointe à 1 sous le par sur l’ensemble du tournoi, à six longueurs de Clark.

L’enjeu dépasse le simple classement. Dimanche, c’est aussi l’anniversaire de Scheffler — il fêtera ses 30 ans — et la fête des pères aux États-Unis. Surtout, une victoire lui offrirait le Grand Chelem en carrière dès sa première tentative à l’US Open, un exploit qu’aucun joueur n’a réalisé depuis Tiger Woods en 2000. Il jouera dans le dernier groupe, aux côtés de Clark.

Sam Stevens, l’outsider qui ne lâche rien

Sam Stevens occupe la deuxième place solitaire d’un classement où la densité de joueurs proches du sommet reste faible. L’Américain, longtemps à un coup de Clark en début de tour samedi avant un passage plus compliqué, partage la place de dauphin avec un groupe resserré autour de Scheffler. Sa régularité sur les deux premiers jours — il figurait déjà dans le groupe de tête à mi-parcours avec Xander Schauffele, Matt Fitzpatrick et Tom Kim — en fait l’un des rares profils capables, sur le papier, de produire la performance nécessaire pour inquiéter le leader.

Car c’est bien la question qui plane sur ce dimanche à Shinnecock : Clark a-t-il seulement été mis sous pression depuis le début de la semaine ? Sa carte de 64 au premier tour, puis 69 au second, ont installé une avance que personne n’a réussi à entamer.

Classement à l’entame du dernier tour

PositionJoueurScore
1Wyndham Clark-7
T2Scottie Scheffler-1
T2Sam Stevens-1
T2Sahith Theegala-1
T2Tom Kim-1

Matt Fitzpatrick, champion 2022 et associé à Clark dans l’avant-dernier groupe samedi, reste également dans le coup malgré un début de tour manqué. Vainqueur du US Amateur et de plusieurs US Open lors de sa carrière junior, l’Anglais cherche à rejoindre Bobby Jones, Jack Nicklaus, Tiger Woods et Bryson DeChambeau au palmarès de ce doublé rarissime.

Du côté des absents

Rory McIlroy, longtemps annoncé comme l’un des favoris de la semaine, a signé un 73 chaotique samedi après un passage prometteur en début de tour. Le double bogey concédé au 15, conséquence d’un green dépassé puis d’un retour en bunker manqué, a scellé ses espoirs de titre. Le Nord-Irlandais reste à la recherche d’un premier sacre à l’US Open depuis plus de quinze ans.

Jon Rahm et Bryson DeChambeau, les deux représentants du circuit LIV les plus attendus, n’ont pas passé le cut. Score de jeudi dans le rouge pour les deux hommes, puis dérapage vendredi qui les a fait basculer au-delà de la limite, fixée à 4 au-dessus du par. Pour DeChambeau, c’est un troisième échec consécutif en majeur cette saison.

Pourquoi Shinnecock punit autant les leaders

Le parcours, dessiné initialement par Willie Dunn en 1891 puis remanié par William Flynn dans les années 1930, conjugue greens surélevés, roughs profonds et exposition permanente au vent venu de l’Atlantique. Samedi, les rafales ont atteint près de 65 km/h selon les relevés locaux, transformant chaque approche en exercice de précision. Le 7, un par-3 de style « Redan » incliné de l’avant-droite vers l’arrière-gauche, a été cité par plusieurs joueurs comme l’un des trous les plus exigeants du parcours cette semaine.

Questions pratiques

À quelle heure démarre le dernier tour dimanche ?
Les départs s’échelonnent en début d’après-midi heure de New York, le dernier groupe — Clark et Scheffler — fermant la marche, conformément à l’usage des tournois du Grand Chelem.

Quel est le record de score le plus bas jamais enregistré à Shinnecock Hills lors d’un US Open ?
Aucun vainqueur n’avait terminé en dessous de 4 sous le par lors des cinq éditions précédentes disputées sur ce parcours. Clark, déjà à 7 sous avant le dernier tour, évolue dans une zone inédite pour ce green.

Qu’est-ce que le Grand Chelem en carrière au golf ?
Il désigne la victoire, au cours d’une carrière, dans les quatre tournois majeurs masculins : le Masters, l’US Open, le British Open et le championnat de la PGA. Seuls cinq golfeurs y sont parvenus dans l’histoire moderne.

À suivre dimanche

Avec six coups d’avance et une lecture de greens quasi sans faute depuis trois jours, Clark part en position de force pour conclure. Mais Shinnecock a déjà piégé des leaders par le passé, et le vent annoncé pour dimanche ne devrait pas faiblir. Scheffler, lui, n’a techniquement rien à perdre : un échec ne change rien à son statut de numéro 1 mondial, une victoire entrerait dans l’histoire du sport.

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Par Eagle