Dotation revue à la hausse, deux Tricolores dans le même groupe, un McIlroy entre copains, et des greens qui font déjà trembler les organisateurs. Tour d’horizon avant le coup d’envoi de la 126e édition.
22,5 millions sur la table — et ce n’est pas fini
L’USGA a officié en conférence de presse mercredi dernier avec une annonce qui ne surprend plus personne, mais que les joueurs accueillent toujours avec le même sourire : la dotation grimpe d’un million, passant de 21,5 à 22,5 millions de dollars. Le vainqueur 2026 touchera 4,5 millions — soit 200 000 de plus que J.J. Spaun l’an passé à Oakmont, où l’Américain avait converti un putt de 19 mètres sur le 72e trou.
Ce montant aligne désormais l’US Open sur le Masters d’Augusta, qui avait ouvert le bal en avril avec la même enveloppe, récompensant Rory McIlroy d’un chèque identique après son deuxième veste verte consécutif. Le PGA Championship, lui, a distribué 20,5 millions en mai — Aaron Rai en a pris 3,69. Quant au Players Championship, présenté comme le « 5e Majeur », il reste seul au-dessus avec 25 millions.
Le PDG de l’USGA, Mike Whan, préfère ne pas parler de course aux enchères entre organisations. Il n’empêche : la progression est spectaculaire. En 2021, la dotation de l’US Open était encore à 12,5 millions. En cinq ans, elle a presque doublé. Les bénéficiaires du mouvement ne s’en plaignent pas.
| Majeur 2026 | Dotation totale | Part du vainqueur |
|---|---|---|
| Masters (Augusta) | 22,5 M$ | 4,5 M$ |
| PGA Championship | 20,5 M$ | 3,69 M$ |
| US Open (Shinnecock) | 22,5 M$ | 4,5 M$ |
| The Open Championship | À confirmer | — |
Où regarder le tournoi en France
En dehors des frontières américaines, c’est Canal+ Sport et Golf+ qui détiennent les droits de diffusion pour la France. Les deux premières journées de jeudi et vendredi, ainsi que le samedi, proposent des featured groups en exclusivité sur Golf+ dès 16h00 (heure française), avant que la couverture principale ne démarre à 18h00 sur Canal+ Sport et Golf+. Le dimanche final sera visible dès 18h00.
Côté américain, NBC tient la grande messe des deuxième, troisième et quatrième tours. USA Network prend en charge le premier tour du jeudi ainsi que les débuts de journée le week-end. NBCSN, la chaîne sœur, couvre la fin du premier tour et le début du second. Peacock centralise le streaming, et l’USGA propose également une couverture des featured groups sur son application et sur usopen.com — option utile pour qui veut suivre un groupe précis, heure par heure.
Au total, l’USGA annonce plus de 200 heures de diffusion tous supports confondus. C’est significatif pour un tournoi qui ne dure que quatre jours.
Les départs : Coussaud et Saddier côte à côte, McIlroy en cercle fermé
Les tee times des deux premiers tours sont connus depuis mardi. L’USGA a réservé une attention particulière aux deux Français engagés cette semaine : Ugo Coussaud et Adrien Saddier partiront ensemble, accompagnés de l’Américain Jackson Van Paris, joueur du Korn Ferry Tour. Départ à 12h41 (heure locale, soit 18h41 en France) depuis le trou n°1 ce jeudi.
Pour Coussaud, c’est une première en Majeur. Le joueur de la St Laurent Golf Team a qualifié Shinnecock de terrain « chaud avec le vent » lors des entraînements — les prévisions météo lui donnent raison, avec des rafales attendues à plus de 60 km/h dans l’après-midi. Saddier, lui, découvre aussi le site dans un contexte de compétition. Deux premiers tours ensemble, c’est une forme de solidarité naturelle, même si chacun joue évidemment pour son propre compte.
Le groupe qui fera couler le plus d’encre ce jeudi matin : Rory McIlroy, Ludvig Åberg et Tommy Fleetwood, à 7h52 (heure locale) depuis le trou n°10. Trois membres du contingent européen de la Ryder Cup, dont deux proches à titre personnel — McIlroy et Fleetwood entretiennent depuis des années une complicité qui dépasse le cadre professionnel. C’est à la fois un groupe de favoris et une réunion de visages familiers, ce que l’USGA n’ignore probablement pas en termes d’attractivité télévisuelle.
Scottie Scheffler, lui, part avec J.J. Spaun — tenant du titre — et Mason Howell, champion US Amateur en titre. Trois générations, trois statuts, une seule ambition pour le numéro un mondial : compléter le Grand Chelem en carrière le jour de ses 30 ans, dimanche.
Shinnecock et ses greens : une vieille angoisse, une réponse chirurgicale
Shinnecock Hills a une réputation. Pas seulement celle d’un parcours élégant planté sur les collines de Southampton, Long Island — c’est aussi le site de deux des controverses les plus vives de l’histoire récente de l’US Open. En 2004, l’USGA avait laissé les greens se dessécher à un point tel que les balles ne tenaient plus sur les putting surfaces. Tiger Woods, furieux, avait lâché que l’organisation avait « perdu le contrôle » du parcours. En 2018, rebelote : Phil Mickelson avait frappé une balle en mouvement sur le 13e green pour l’empêcher de rouler dans le rough — moment d’anthologie, pas dans le bon sens du terme.
John Bodenhamer, directeur des championnats de l’USGA depuis seize ans, ne veut pas rejouer ce film. Face à une météo qui s’est durcie en cours de semaine — des vents soutenus de 20 à 40 km/h sont attendus dès jeudi matin, avec des pointes à plus de 60 — il a décidé vendredi dernier d’adopter une stratégie que l’on qualifiera de préventive.
Le syringing, qu’est-ce que c’est exactement ?
La méthode consiste à vaporiser très légèrement les greens — une bruine fine, similaire au système anti-flétrissement que l’on trouve dans les rayons fruits et légumes de la grande distribution. Pas pour ramollir les surfaces. Pas pour ralentir drastiquement les balles. Juste pour maintenir un niveau d’humidité minimal qui évite que les greens ne deviennent des toboggans. Cette technique sera appliquée avant chaque tour, et entre les vagues du matin et de l’après-midi jeudi et vendredi.
Conséquence directe sur la vitesse de jeu : les greens tourneront autour de 10 sur le Stimpmeter en début de semaine — contre 11,5 à 12 initialement prévus. Bodenhamer a rappelé que la dernière fois que Shinnecock avait joué à cette vitesse, c’était lors de l’édition 1995. Ce recalibrage est accompagné de positions de drapeaux moins exposées sur les green complexes les plus piégeux, notamment les par-3 des trous 7 et 11.
Le responsable USGA a résumé la philosophie de la semaine ainsi : le parcours sera très dur — c’est l’US Open, c’est son ADN — mais l’organisation veut que les deux vagues, matin et après-midi, affrontent des conditions comparables. C’est une équité de traitement que les éditions 2004 et 2018 n’avaient pas su garantir.
Questions pratiques
Quel est le montant gagné par le vainqueur de l’US Open 2026 ?
4,5 millions de dollars, soit 200 000 de plus que J.J. Spaun en 2025. La dotation totale du tournoi s’élève à 22,5 millions.
Sur quelles chaînes voir l’US Open 2026 en France ?
Canal+ Sport et Golf+ (abonnement requis). Les featured groups sont disponibles en exclusivité sur Golf+ dès 16h00, la couverture principale commence à 18h00.
À quelle heure jouent les deux Français jeudi ?
Ugo Coussaud et Adrien Saddier partent à 12h41 (heure locale, soit 18h41 en France) depuis le trou n°1 de Shinnecock Hills, accompagnés de l’Américain Jackson Van Paris.
Pourquoi arrose-t-on les greens à Shinnecock Hills avant les tours ?
Pour éviter que des vents forts ne dessèchent les surfaces au point de les rendre injouables, comme lors des controversées éditions 2004 et 2018. Le syringing — une bruine légère — maintient une humidité minimale sans modifier fondamentalement la vitesse ou la difficulté du parcours.
Scottie Scheffler peut-il réaliser le Grand Chelem en carrière cette semaine ?
Oui. Scheffler a déjà remporté le Masters, le PGA Championship et The Open. L’US Open est le seul Majeur manquant. La finale est prévue dimanche 21 juin — jour de ses 30 ans.
Sources : https://news.google.com/search?q=us%20open%20golf&hl=fr&gl=FR&ceid=FR%3Afr

