US Open 2026 : journée de folie à Shinnecock, entre la domination de Clark et la blessure de Day

US Open 2026 : journée de folie à Shinnecock, entre la domination de Clark et la blessure de Day

Shinnecock Hills a rendu sa copie du premier tour, et elle est illisible. Brouillard dès l’aube, deux heures de suspension, des rafales annoncées à 40 mph qui se sont finalement calmées en cours d’après-midi, et une nuit trop courte pour terminer les 156 premiers tours. Bienvenue au 126e US Open.

Quand le klaxon a retenti pour arrêter le jeu dans l’obscurité, un homme dominait la meute de façon assez nette pour qu’on s’en souvienne vendredi matin : Wyndham Clark, champion en titre 2023, à -6 avec deux trous encore à jouer.

Clark, la machine silencieuse

Personne ou presque ne l’avait mis en avant cette semaine. Clark pointait à la 15e place dans le classement pré-tournoi de NBC Sports, très loin derrière Scottie Scheffler, la cible principale. Erreur de casting. Le natif du Colorado a profité des conditions de vent adoucies en fin de journée pour construire un score de -6 à seize trous — avec notamment un eagle sur le par 5 du trou numéro 5, où il a calé son approche à 90 centimètres du drapeau.

Quand le klaxon a sonné, le leaderboard de premier plan ressemblait à une liste de trophées passés : Clark, Fitzpatrick, Dustin Johnson, Gary Woodland, McIlroy, DeChambeau. Vieux noms, nouveau contexte. Clark avait quatre coups d’avance sur ses plus proches poursuivants — un coussin rare à ce stade d’un US Open, a fortiori à Shinnecock.

Clark avait remporté le CJ CUP Byron Nelson dans les semaines précédentes, terminé troisième au Memorial et onzième au RBC Canadian Open. Une forme évidente. Certains observateurs notaient qu’il reposait peut-être trop sur son putter, mais jeudi, tout fonctionnait en même temps.

Jason Day : le dos a dit non

L’autre image de jeudi, celle-là pénible à regarder. Jason Day a abandonné lors du premier tour de l’US Open à Shinnecock Hills en raison d’une blessure au dos. L’Australien, double dauphin de l’US Open, était à +7 après seulement dix trous.

Day, 38 ans, a quitté le parcours en voiturette avec son caddie après avoir encaissé six bogeys consécutifs des trous 13 à 18, puis un par sur le trou 1, son dixième trou joué. Il a été vu grimaçant lors d’un swing d’entraînement sur le trou 10 — son premier trou de la journée — environ vingt minutes avant de monter dans la voiturette.

Ce n’est ni la première fois ni la deuxième. L’ancien numéro 1 mondial a des antécédents de blessures au dos qui remontent à l’âge de 13 ans, et des examens IRM en 2019 avaient révélé une déchirure annulaire au niveau des disques L4-L5. Il s’agissait de son 12e abandon sur blessure en carrière. Une statistique qui résume assez bien la décennie écoulée.

Day avait pourtant démarré la saison sur une note positive — un T-2 à l’American Express en janvier, un T-6 à Houston, un T-12 au Masters. Mais la dynamique s’était effondrée depuis, et Shinnecock n’aura pas arrangé les choses.

Le classement après un jeudi chaotique

Le tableau de bord n’est pas figé : plusieurs joueurs n’ont pas terminé leur premier tour. Au total, dix-sept joueurs se trouvaient sous le par quand le jeu a été suspendu, ce qui représente déjà une ouverture assez large pour un parcours dont la réputation n’est plus à faire.

Le numéro 2 mondial Rory McIlroy a signé un 69 (-1) pour terminer autour de la neuvième place provisoire — lui qui avait raté le cut en 2018 sur ce même parcours avec un 80 au premier tour a démontré combien sa gestion du jeu avait évolué. McIlroy a même pris deux coups d’avance à un moment de son tour, avant deux bogeys consécutifs sur les trous 8 et 9 pour redescendre dans le peloton.

Scottie Scheffler, grandissime favori venu chercher un Grand Chelem en carrière — il vise notamment son cinquième titre majeur, après avoir remporté l’Augusta National en 2022 et 2024, le PGA Championship et l’Open Championship en 2025 — a terminé à +2. Il a du travail.

Sam Stevens, 29 ans, a surpris tout le monde en rentrant un 68 (-2) pour s’installer en tête des joueurs ayant terminé leur tour avant la nuit. Remplaçant sur l’équipe championne NCAA d’Oklahoma State en 2018, Stevens s’est frayé un chemin via les mini-tours pour accéder au PGA Tour. Son nom circulait peu. Il circulera davantage vendredi.

PositionJoueurScore R1Statut
1Wyndham Clark-6 (16 trous)Tour non terminé
T2Sam Stevens-2Terminé
T2Matt Fitzpatrick-2 (partiel)Tour non terminé
T2Dustin Johnson-2 (partiel)Tour non terminé
T9Rory McIlroy-1 (69)Terminé
~+2Scottie Scheffler+2Terminé
WDJason Day+7 (10 trous)Abandon (dos)

Deuxième tour vendredi : les horaires et la logique du cut

La logistique de vendredi est un casse-tête. Le premier tour doit reprendre à 6h35 du matin (heure locale) avant que le deuxième tour ne s’enchaîne dans la foulée, avec tous les horaires de départ du jour décalés de quinze minutes par rapport au programme initial.

Les premiers groupes du deuxième tour partiront à partir de 12h56 heure locale, avec notamment Dustin Johnson, Wyndham Clark et Gary Woodland à 12h56, puis Jon Rahm, Jordan Spieth et Justin Rose à 13h29.

Pour ce qui est du cut, la règle est claire. Les 60 meilleurs joueurs (et les ex-æquo) à l’issue du deuxième tour disputeront le week-end — un seuil plus sélectif que le PGA Championship ou l’Open Championship, qui retiennent les 70 meilleurs. En 2025 à Oakmont, le cut était tombé à +7, le plus élevé depuis l’US Open 2018 à Shinnecock, où il avait atteint +8.

Le tenant du titre J.J. Spaun a terminé son premier tour à +7. Il est directement sur la ligne de démarcation.

Questions pratiques

Clark peut-il gérer sa position de leader ?

Oui — à condition que le vent revienne fort vendredi. C’est précisément dans ces conditions que les scores s’envolent pour tout le monde sauf les joueurs dont la balle reste basse et le jeu de fer précis. Clark coche les deux cases. Sa vulnérabilité reste le putting sous pression sur les greens rapides de Shinnecock, mais il n’a pas montré de signes de faiblesse jeudi.

Le brouillard du matin peut-il encore perturber vendredi ?

La USGA a déjà ajusté les horaires pour absorber le retard. La météo reste surveillée de près — le parcours avait été préparé de façon conservatrice en prévision de rafales annoncées à 40 mph, ce qui a paradoxalement rendu le premier tour plus jouable que prévu quand le vent a reflué l’après-midi.

Qui sont les outsiders à surveiller ?

Bryson DeChambeau, crédité d’un -1 à seize trous, n’avait pas particulièrement brillé dans les grandes conditions de vent ces dernières saisons — mais il a démarré en trombe avec notamment un drive de 427 yards sur le trou 12, un par 4 de 472 yards, avant de faire birdie. Et Matt Fitzpatrick, champion 2022 de l’US Open, semblait à l’aise sur un parcours où son jeu court est un avantage structurel.

La règle du cut à 60 joueurs est-elle habituelle ?

Oui, c’est la règle standard de l’US Open depuis plusieurs années. Elle est plus stricte que dans les autres majeurs, ce qui correspond à la philosophie de la USGA : maximiser la sélectivité du format. À Shinnecock en 2018, 47 joueurs ont terminé au-dessus du cut à +8, dont plusieurs anciens champions.

La journée de vendredi s’annonce dense. Clark doit d’abord terminer ses deux trous restants dès l’aube, puis enchaîner immédiatement avec le deuxième tour — un format éprouvant, même pour un joueur en forme. Le reste du peloton, lui, aura une chance de se rapprocher ou de se faire distancer. Shinnecock ne pardonne pas les imprudences. Et personne ne le sait mieux que ceux qui y ont joué en 2018.

Sources : https://news.google.com/search?q=us%20open%20golf%202026%201er%20tour&hl=fr&gl=FR&ceid=FR%3Afr

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Par Eagle

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